( POOL / GUILLAUME SOUVANT )
L'avenir de la verrerie Duralex se joue lundi lors d'une ultime audience devant le tribunal de commerce d'Orléans, qui devrait entériner la fin de la coopérative et départager trois candidats à la reprise pour préserver ce fleuron de l'industrie française.
"Après des mois de travail collectif, la relance de Duralex sera fixée lors d'une prochaine audience finale", a écrit la direction de l'entreprise dans un post LinkedIn, donnant rendez-vous "pour la suite de l'aventure Made in France".
Le tribunal doit examiner lundi à 10h00 les trois offres des candidats à la reprise. Il pourrait mettre sa décision en délibéré mais plusieurs acteurs proches du dossier estiment qu'elle devrait intervenir rapidement.
Duralex, dont les verres emblématiques ont accompagné des générations d'écoliers dans les cantines, a été placé le 1er juin en redressement judiciaire, pour la cinquième fois en une vingtaine d'années, moins de deux ans après sa reprise par les salariés réunis en coopérative.
L'avenir de la marque de vaisselle réputée incassable est resté incertain pendant des semaines, mais l'espoir d'un sauvetage s'est ravivé récemment.
"On a senti qu'une issue favorable pour Duralex était possible", a affirmé à l'AFP Suliman El Moussaoui, représentant syndical CFDT, à l'issue de la dernière audience devant le tribunal de commerce mi-septembre.
Plus de la moitié des emplois maintenus ?
Deux des trois offres "sont bien avancées", selon M. El Moussaoui : celle déposée par le groupe stéphanois Carlesimo et celle de l'entrepreneur français Cédric Meston, via sa holding Tomé, connu notamment comme cofondateur de la start-up HappyVore (substituts végétaux à la viande) et pour avoir repris Tupperware France en 2025.
M. Meston dit être soutenu dans son projet par le milliardaire Xavier Niel (Free) qui a investi dans Tomé. Selon le journal la République du Centre, il mobiliserait pour la reprise de Duralex quelque 15 millions d'euros, dont 5 millions de fonds propres, avec des financements des collectivités locales (prêts pour la performance énergétique) et de l’État.
Interrogé par l'AFP, le ministère de l'Industrie s'est refusé à confirmer ces informations sur l'offre de Cédric Meston.
Carlesimo et Tomé proposent de conserver respectivement 125 et 155 emplois, pour un effectif de 243 salariés en début d'année.
À Bercy, on estime que, parmi les trois candidatures, les deux propositions de nature industrielles sont "intéressantes".
La troisième, présentée par le fonds de gestion hongkongais AA Investments, viserait seulement la reprise de la marque et ne conserverait que trois salariés. Elle est qualifiée "d'anecdotique" par un observateur.
L'actuelle directrice générale de Duralex, Peggy Sadier, assure que la verrerie est parvenue "à redresser la trésorerie" qui a été multipliée par "huit", selon elle, depuis le changement de direction le 2 avril.
Cette amélioration "montre qu'il y a une voie pour Duralex", estime Mme Sadier.
Parallèlement au redressement judiciaire, la société fait l'objet d'une enquête du parquet d'Orléans qui n'a pas précisé les chefs retenus.
Des "opérations judiciaires" ont été menées le 3 septembre, notamment "des perquisitions", dont certaines au siège de la verrerie à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), en banlieue d'Orléans, avait annoncé à l'AFP la procureure de la République Emmanuelle Bochenek-Puren.
L'ancien directeur général de la verrerie, François Marciano, figure emblématique de la reprise en société coopérative et participative (Scop), ainsi que son fils Antoine qu'il avait nommé directeur financier, pourraient en particulier être visés par la procédure.
Leur avocat, Me Pierre Lalanne, a affirmé que ses clients "démentent toute implication dans d'éventuelles malversations".
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